
La flambée des taxes sur les résidences secondaires et logements vacants n’est plus une simple charge, mais un signal fort qui impose un arbitrage patrimonial stratégique.
- La majoration de la taxe d’habitation (THRS) peut atteindre 60 % dans un nombre croissant de communes, transformant son calcul en enjeu majeur.
- La taxe sur les logements vacants (TLV) a vu ses taux doubler, rendant l’inoccupation d’un bien extrêmement coûteuse si elle n’est pas justifiée.
Recommandation : Cessez de subir votre fiscalité locale. Auditez activement le statut de chaque bien et analysez le coût d’opportunité entre conservation, location saisonnière (dont la rentabilité a changé) et location longue durée.
Pour tout propriétaire d’une résidence secondaire en France, l’avis d’imposition de la taxe d’habitation est devenu une source d’inquiétude grandissante. Là où beaucoup pensaient la page tournée avec la suppression de cet impôt pour les résidences principales, la réalité est tout autre pour les biens d’agrément. Les majorations s’envolent, de nouvelles communes rejoignent la liste des « zones tendues », et des taxes sur les logements vacants aux acronymes variés (TLV, THLV) viennent compliquer l’équation.
Face à cette pression fiscale, le réflexe commun est de chercher des cas d’exonération ou de subir la hausse en la considérant comme une fatalité. On se concentre sur les aspects techniques : quel est le taux, suis-je concerné, comment payer ? Mais cette approche passive omet l’essentiel. L’augmentation de ces taxes n’est pas qu’une ligne de plus sur votre feuille d’impôt ; elle est un changement de paradigme qui vous force, en tant que propriétaire, à devenir un gestionnaire actif de votre patrimoine immobilier.
Et si la véritable question n’était plus « combien vais-je payer ? » mais « quelle est la décision la plus judicieuse pour mon bien face à cette nouvelle donne fiscale ? ». Cet article adopte précisément cet angle stratégique. Nous n’allons pas seulement décrypter les mécanismes de calcul. Nous allons vous donner les clés pour réaliser un véritable arbitrage patrimonial. Faut-il conserver votre bien pour un usage personnel, le basculer en location saisonnière type Airbnb, ou opter pour une location longue durée ? Chaque option a des conséquences fiscales drastiquement différentes.
Ensemble, nous analyserons les points de bascule qui rendent un scénario plus rentable qu’un autre, les erreurs administratives à éviter qui peuvent coûter des milliers d’euros, et les signaux qui annoncent un durcissement futur de la fiscalité. L’objectif : transformer une contrainte fiscale en une opportunité d’optimisation.
Pour naviguer efficacement à travers les complexités de la fiscalité immobilière, cet article est structuré pour vous guider pas à pas. Vous trouverez ci-dessous un sommaire détaillé des points essentiels que nous aborderons, de la compréhension des majorations à l’arbitrage stratégique entre différents usages de votre bien.
Sommaire : Comprendre et optimiser la fiscalité de vos biens immobiliers non principaux
- Pourquoi votre résidence secondaire peut être taxée jusqu’à 60% de plus qu’avant ?
- Comment éviter de payer 3 000 € de taxe sur logement vacant dans les grandes villes
- Garder en résidence secondaire ou louer en Airbnb : l’arbitrage fiscal complet
- L’erreur administrative qui transforme votre résidence principale en secondaire et triple votre taxe
- Quand la fiscalité des résidences secondaires va encore durcir : les communes à surveiller
- Résidence principale ou secondaire : pourquoi votre taxe foncière peut varier de 30%
- Déclarer votre logement en résidence principale ou secondaire : la différence fiscale de 1 200 € par an
- Qui paie encore la taxe d’habitation en France et combien
Pourquoi votre résidence secondaire peut être taxée jusqu’à 60% de plus qu’avant ?
Si la taxe d’habitation sur les résidences principales (THRP) a bien été supprimée pour tous les Français en 2023, celle sur les résidences secondaires (THRS) est non seulement maintenue, mais elle est devenue un levier fiscal majeur pour de nombreuses municipalités. Le mécanisme clé de cette augmentation est la majoration de la part communale, qui peut être votée par les communes situées en « zone tendue », c’est-à-dire là où existe un déséquilibre marqué entre l’offre et la demande de logements.
Initialement circonscrit aux plus grandes agglomérations, le périmètre de ces zones a été considérablement élargi. En effet, depuis le décret d’août 2023, le nombre de communes concernées a fortement augmenté, passant de 1 100 à près de 3 700 municipalités. Ces communes ont désormais la faculté d’appliquer une surtaxe allant de 5 % à 60 % sur la cotisation de taxe d’habitation qui leur revient. Cette décision, prise par délibération du conseil municipal, vise à inciter les propriétaires à remettre leurs biens sur le marché de la location à l’année.
Concrètement, le calcul de votre taxe d’habitation majorée s’effectue sur la base de la valeur locative cadastrale (VLC) de votre bien, une valeur théorique fixée par l’administration fiscale. C’est sur cette base que s’appliquent les taux votés par la collectivité, auxquels s’ajoute la fameuse majoration. L’impact financier peut être considérable, transformant une taxe déjà conséquente en un véritable fardeau.
Pour mieux visualiser l’impact, voici un exemple de calcul simple :
| Étape | Élément | Calcul | Résultat |
|---|---|---|---|
| 1 | Valeur locative cadastrale (VLC) | Base retenue par l’administration | 5 000 € |
| 2 | Taux communal appliqué | VLC × Taux communal (15 %) | 750 € |
| 3 | Majoration zone tendue (jusqu’à 60 %) | 750 € × 60 % | + 450 € (total 1 200 €) |
Cette augmentation n’est pas une fatalité administrative, mais bien le résultat d’une politique active de la part des communes pour réguler leur marché immobilier. Elle impose donc au propriétaire une réflexion stratégique sur la pertinence de conserver son bien en tant que simple résidence d’agrément.
Comment éviter de payer 3 000 € de taxe sur logement vacant dans les grandes villes
Au-delà de la taxe d’habitation, un autre impôt pèse lourdement sur les propriétaires : la Taxe sur les Logements Vacants (TLV). Applicable dans les mêmes zones tendues que la majoration de THRS, elle cible les logements non meublés et inoccupés volontairement depuis au moins un an au 1er janvier de l’année d’imposition. Son objectif est clairement coercitif : pénaliser l’inoccupation pour fluidifier le marché locatif.
L’enjeu financier est devenu critique depuis 2023, car les taux de la TLV ont fortement augmenté, passant de 12,5 % à 17 % de la valeur locative la première année de vacance, et de 25 % à 34 % les années suivantes. Sur un bien avec une valeur locative de 9 000 €, cela peut rapidement représenter plus de 3 000 € de taxe annuelle, un coût qui rend la vacance délibérée économiquement irrationnelle.
Cependant, de nombreux propriétaires se voient imposer cette taxe à tort, notamment lorsque la vacance est involontaire. C’est un point crucial à comprendre, comme le rappelle le Bulletin Officiel des Finances Publiques (BOFiP) :
Le caractère involontaire de la vacance ne peut être présumé par l’administration. Lorsque la taxe est établie à tort, il appartient au redevable d’en solliciter le dégrèvement.
– BOFiP (Bulletin Officiel des Finances Publiques)
Cela signifie que la charge de la preuve repose entièrement sur vous. Si votre logement est vacant parce qu’il est en vente au prix du marché mais ne trouve pas preneur, en cours de rénovation lourde, ou inhabitable, vous devez le prouver. La simple affirmation ne suffit pas. Il est impératif de constituer un dossier solide pour contester l’imposition et demander un dégrèvement.
Plan d’action : constituer votre dossier de contestation de la TLV
- Prendre contact : Adressez une réclamation écrite au service des impôts des particuliers (SIP) via votre messagerie sécurisée sur impots.gouv.fr ou par courrier recommandé, avant le 31 décembre de l’année suivant la mise en recouvrement de la taxe.
- Collecter les preuves : Joignez toutes les pièces justificatives pertinentes. Selon votre cas, cela peut inclure : des mandats de vente et des annonces immobilières prouvant sa mise sur le marché, des devis et factures d’artisans pour des travaux importants, des factures d’énergie montrant une absence de consommation (ou une consommation anormale type fuite), ou l’acte de vente si le bien a été cédé entre-temps.
- Gérer le paiement : Si la somme est élevée, vous pouvez demander un sursis de paiement dans votre courrier de réclamation. Autrement, la procédure standard est de payer la taxe puis de la contester pour obtenir un remboursement.
- Justifier la vacance : Expliquez clairement et factuellement pourquoi le logement est vacant indépendamment de votre volonté. Chaque affirmation doit être étayée par un document.
- Vérifier l’éligibilité : Assurez-vous que la vacance dure bien depuis moins d’un an ou que le logement est devenu inhabitable et nécessite des travaux excédant 25% de sa valeur.
La gestion proactive de la vacance est donc essentielle. Ne pas répondre à un avis de TLV en pensant que l’administration corrigera d’elle-même est une erreur qui peut se chiffrer en milliers d’euros.
Garder en résidence secondaire ou louer en Airbnb : l’arbitrage fiscal complet
Face à la hausse de la THRS, une option séduisante pour de nombreux propriétaires est de transformer leur résidence secondaire en meublé de tourisme, type Airbnb. L’idée est de générer des revenus pour compenser, voire dépasser, le coût de la fiscalité locale. Cependant, cet arbitrage, autrefois très favorable, est devenu bien plus complexe depuis la loi de finances pour 2024.
Le changement majeur concerne le régime fiscal du micro-BIC, plébiscité par de nombreux loueurs pour sa simplicité. Pour les meublés de tourisme non classés, la donne a radicalement changé. En effet, depuis le 1er janvier 2024, l’abattement forfaitaire micro-BIC a fortement diminué, passant de 50 % à seulement 30 %. Pire encore, le plafond de recettes pour bénéficier de ce régime a été drastiquement réduit, chutant de 77 700 € à 15 000 € par an. Au-delà, le passage au régime réel est obligatoire.
Cet ajustement a pour but de rééquilibrer la fiscalité entre la location de courte durée et la location meublée longue durée, cette dernière conservant un régime plus avantageux. L’arbitrage « résidence secondaire vs. location saisonnière » n’est donc plus une évidence. Il nécessite une analyse fine de votre situation, car le choix du régime fiscal (micro-BIC ou réel) et le statut de votre meublé (classé ou non) ont des conséquences directes sur votre rentabilité nette.
Voici un aperçu des nouvelles règles qui dictent désormais votre stratégie :
| Type de location meublée | Abattement micro-BIC | Plafond de recettes |
|---|---|---|
| Meublé de tourisme non classé | 30 % | 15 000 € |
| Meublé de tourisme classé / chambre d’hôtes | 71 % (abattement supplémentaire de 21% en zone non tendue) | 188 700 € |
| Location meublée longue durée | 50 % | 77 700 € |
Le classement officiel « meublé de tourisme » (de 1 à 5 étoiles) devient un levier stratégique majeur. Bien qu’il implique une démarche administrative, il permet de conserver un abattement bien plus élevé et un plafond de recettes confortable, rendant l’opération de location saisonnière fiscalement viable. Sans ce classement, la rentabilité s’effondre et le régime réel, qui permet de déduire les charges et l’amortissement, devient souvent la seule option pertinente si vos charges sont supérieures à 30% de vos recettes.
L’erreur administrative qui transforme votre résidence principale en secondaire et triple votre taxe
Dans le contexte fiscal actuel, une simple erreur de déclaration peut avoir des conséquences financières disproportionnées. La plus courante et la plus coûteuse est celle qui consiste à ce que l’administration fiscale considère à tort votre résidence principale (RP) comme une résidence secondaire (RS). Cette confusion, souvent due à un déménagement mal déclaré ou à une situation de vie complexe, vous expose au paiement de la taxe d’habitation avec sa majoration potentielle, alors que vous devriez en être totalement exonéré.
Depuis la mise en place de la nouvelle obligation déclarative via le service « Gérer mes biens immobiliers » sur impots.gouv.fr, le risque d’erreur a augmenté. Un oubli, une case mal cochée, et le statut de votre bien peut basculer. Vous recevez alors un avis d’imposition pour une THRS, parfois de plusieurs milliers d’euros, à régler avant la date limite. L’administration ne présume pas de votre bonne foi ; c’est à vous de vérifier et de corriger activement la situation.
Cette « friction administrative » peut survenir lors d’une mutation professionnelle, d’une séparation, ou si vous hébergez un proche dans un de vos biens. Si vous ne réagissez pas rapidement, la taxe sera prélevée. Il est donc fondamental de ne jamais considérer votre déclaration de biens comme une simple formalité, mais comme un acte de gestion préventive. Une vérification annuelle est une discipline indispensable pour tout propriétaire de plusieurs biens.
Ne laissez pas une erreur administrative décider de votre fiscalité. Voici les étapes clés pour auditer et rectifier le statut de vos biens.
Checklist de vérification de vos biens immobiliers
- Auditer le statut actuel : Connectez-vous à votre Espace Particulier sur impots.gouv.fr, rubrique « Gérer mes biens immobiliers ». Pour chaque bien, vérifiez l’occupant déclaré et le type d’occupation (« Résidence principale », « Résidence secondaire », « Loué », etc.). C’est votre source de vérité.
- Collecter les preuves d’occupation : En cas de doute, rassemblez les documents prouvant que vous occupez bien le logement à titre de résidence principale. Les plus probants sont les factures d’électricité, de gaz ou d’eau à votre nom et à cette adresse, l’attestation d’assurance habitation principale et votre dernier avis de taxe foncière.
- Confronter à la réalité : Le logement est-il bien le centre de vos intérêts familiaux et professionnels ? Y résidez-vous la majorité de l’année (plus de 8 mois) ? Si non, son statut de résidence principale est contestable.
- Identifier les anomalies : Comparez la déclaration en ligne avec votre situation réelle. Avez-vous oublié de signaler un départ de locataire ? Un déménagement ? Un bien est-il listé comme « vacant » alors qu’il est occupé ?
- Plan de rectification : Si vous constatez une erreur, utilisez le service de messagerie sécurisée pour contacter immédiatement votre service des impôts des particuliers (SIP). Expliquez la situation, demandez la correction et joignez les justificatifs numérisés. Soyez proactif, n’attendez pas de recevoir un avis d’imposition erroné.
Quand la fiscalité des résidences secondaires va encore durcir : les communes à surveiller
La tendance de fond est claire : la pression fiscale sur les résidences secondaires et les logements inoccupés n’est pas près de s’inverser. Elle constitue un outil de politique du logement de plus en plus utilisé par les collectivités pour tenter de libérer des habitations dans les territoires où le marché est bloqué. Pour un propriétaire, anticiper ce durcissement est une composante essentielle de la gestion patrimoniale.
Le premier signal à surveiller est l’élargissement continu du périmètre des « zones tendues ». Comme nous l’avons vu, depuis le décret d’août 2023, le périmètre des zones concernées s’est fortement élargi, multipliant par plus de trois le nombre de communes éligibles à la majoration de THRS. Des localités touristiques en bord de mer, à la montagne ou même dans des zones rurales attractives, qui étaient jusqu’alors épargnées, peuvent désormais décider d’appliquer la surtaxe maximale de 60 %. Il est donc crucial de vous renseigner chaque année sur le statut de la commune où se situe votre bien.
Le second axe de durcissement concerne la fiscalité sur la vacance elle-même. Une réforme importante est en cours, visant à unifier et simplifier les dispositifs. La Taxe sur les Logements Vacants (TLV) et la Taxe d’Habitation sur les Logements Vacants (THLV, applicable dans les communes hors zone tendue) sont amenées à être remplacées par une unique Taxe sur la Vacance des Locaux d’Habitation (TVLH). Si les détails se précisent, l’objectif reste le même : rendre l’inoccupation plus coûteuse et donc plus dissuasive.
Cette volonté politique est parfois même freinée par le cadre légal actuel, ce qui laisse présager de futures évolutions. Certains élus, comme Michel Fournier, président de l’Association des maires ruraux de France, pointent les limites du système et appellent à des outils encore plus larges : « Il est regrettable que la seule ressource aujourd’hui ne puisse s’appliquer que sur la propriété bâtie. » Cela ouvre la porte à de futures réflexions sur la taxation des terrains non bâtis ou d’autres formes de patrimoine immobilier inexploité.
Pour le propriétaire-investisseur, la conclusion est simple : la veille réglementaire devient non-négociable. Surveiller les délibérations de votre conseil municipal et les projets de loi de finances est le seul moyen de ne pas être pris de court par une nouvelle hausse ou une extension des taxes.
Résidence principale ou secondaire : pourquoi votre taxe foncière peut varier de 30%
La distinction entre résidence principale et secondaire ne se limite pas à la taxe d’habitation ; elle a également des répercussions, bien que plus subtiles, sur votre taxe foncière. Si la base de calcul, la valeur locative cadastrale, est identique quel que soit l’usage du bien, ce sont les mécanismes d’allègement et d’exonération qui créent la différence.
En règle générale, la taxe foncière est due intégralement pour une résidence secondaire. En revanche, pour une résidence principale, l’administration fiscale a prévu plusieurs dispositifs de dégrèvement ou d’exonération sous conditions de ressources et d’âge. Ces « gestes » fiscaux sont exclusivement réservés au logement que vous occupez à titre principal. Par exemple, les personnes ayant entre 65 et 75 ans aux revenus modestes peuvent bénéficier d’un dégrèvement dédié de 100 € sur leur résidence principale, un avantage non applicable à une résidence secondaire. De même, les titulaires de l’Allocation de Solidarité aux Personnes Âgées (ASPA) ou de l’Allocation aux Adultes Handicapés (AAH) peuvent être totalement exonérés de taxe foncière pour leur résidence principale.
L’exonération la plus significative concerne les personnes de plus de 75 ans. Selon l’article 1391 du Code général des impôts, elles sont totalement exonérées de taxe foncière sur leur résidence principale, toujours sous conditions de revenus. Cette exonération peut représenter une économie de plusieurs centaines, voire milliers d’euros chaque année, une économie à laquelle une résidence secondaire ne peut prétendre.
Le tableau suivant synthétise les différences fondamentales qui impactent directement votre portefeuille :
| Élément | Résidence principale | Résidence secondaire |
|---|---|---|
| Base de calcul taxe foncière | Identique (valeur locative cadastrale) | Identique (valeur locative cadastrale) |
| Abattements/Exonérations (âge/revenus) | Possibles selon éligibilité | Non applicables |
| Taxe d’habitation | Supprimée depuis 2023 | Maintenue, majorable jusqu’à 60 % en zone tendue |
Si le montant facial de la taxe foncière peut sembler proche, le coût de possession annuel total d’un bien change drastiquement selon son statut. L’absence d’allègements sur la taxe foncière, combinée à la lourde charge de la taxe d’habitation, fait de la résidence secondaire un objet de patrimoine au coût fixe bien plus élevé.
Déclarer votre logement en résidence principale ou secondaire : la différence fiscale de 1 200 € par an
Au-delà des impôts locaux annuels, le choix de qualifier un bien en résidence principale ou secondaire a des conséquences fiscales profondes et durables, notamment en cas de revente. La différence la plus spectaculaire et souvent sous-estimée réside dans l’imposition de la plus-value immobilière.
Comme le stipule l’article 150 U du Code général des impôts, la plus-value réalisée lors de la vente de votre résidence principale est totalement exonérée d’impôt. C’est un avantage fiscal colossal. À l’inverse, la plus-value sur la vente d’une résidence secondaire est lourdement taxée : 19 % au titre de l’impôt sur le revenu et 17,2 % au titre des prélèvements sociaux, soit un total de 36,2 % (hors éventuelles surtaxes). Bien que des abattements pour durée de détention s’appliquent, l’impact reste massif.
Annuellement, la différence se matérialise principalement par la taxe d’habitation. Sur une taxe de base de 1 200 €, une surtaxe de 60 % représente un surcoût annuel significatif de 720 €, portant la note à 1 920 €. Pour une résidence principale, ce montant est de zéro. L’arbitrage n’est donc pas anodin et doit être mûrement réfléchi. Tenter de déclarer un bien en résidence principale alors qu’il ne l’est pas pour échapper à la taxe est une fraude fiscale risquée. En cas de contrôle, l’administration fiscale a des critères précis pour déterminer la réalité de l’occupation.
Pour que votre logement soit reconnu comme votre résidence principale, il ne suffit pas de le déclarer. Vous devez pouvoir prouver qu’il s’agit du lieu de votre séjour principal, effectif et habituel. Voici les points que l’administration examine :
Les critères pour prouver le statut de résidence principale en cas de contrôle
- Durée d’occupation : Vous devez occuper le logement la majeure partie de l’année, soit au moins huit mois par an. C’est le critère principal.
- Justificatifs de vie quotidienne : Les documents les plus probants sont ceux qui attestent de votre vie sur place : factures d’énergie (eau, électricité, gaz) à votre nom et montrant une consommation régulière, attestation d’assurance habitation principale, et avis de taxe foncière.
- Centre des intérêts : L’administration vérifie où se situe le centre de vos intérêts familiaux (école des enfants) et professionnels (lieu de travail). L’adresse doit être celle que vous utilisez pour toutes vos déclarations administratives et fiscales.
- Absence de location : Le bien ne doit pas être loué, même partiellement ou temporairement, pendant la période où vous le déclarez comme résidence principale.
- Attestation notariale : En cas de situation complexe (double résidence pour raisons professionnelles), une attestation notariée confirmant l’occupation réelle peut renforcer votre dossier.
Le choix de l’affectation d’un bien n’est donc pas une simple déclaration, mais une décision stratégique aux implications financières de long terme, qui doit être soutenue par des preuves tangibles.
À retenir
- La majoration de la taxe d’habitation sur les résidences secondaires peut atteindre 60% dans près de 3 700 communes, imposant une vigilance accrue sur le statut de votre commune.
- La vacance d’un logement est lourdement taxée (TLV/THLV). C’est au propriétaire de prouver le caractère involontaire de l’inoccupation pour obtenir un dégrèvement.
- L’arbitrage entre garder un bien en résidence secondaire et le louer (saisonnièrement ou à l’année) est devenu complexe avec la réforme du régime micro-BIC, rendant le classement du meublé stratégique.
Qui paie encore la taxe d’habitation en France et combien
Avec la suppression complète de la taxe d’habitation sur la résidence principale en 2023, une confusion subsiste : qui est encore redevable de cet impôt ? La réponse est simple et directe : la taxe d’habitation est désormais exclusivement due par les détenteurs de résidences secondaires. Plus précisément, vous en êtes redevable si vous êtes propriétaire ou usufruitier d’une résidence secondaire, ainsi que pour tout autre local meublé non affecté à l’habitation principale.
Le montant de cette taxe varie considérablement d’une commune à l’autre. Il dépend de trois facteurs principaux : la valeur locative cadastrale de votre bien, les taux d’imposition votés par la collectivité territoriale, et l’éventuelle majoration pour zone tendue (de 5 % à 60 %). Il n’y a donc pas de « montant type » ; la taxe peut aller de quelques centaines à plusieurs milliers d’euros par an.
Il existe cependant des cas spécifiques d’exonération ou de dégrèvement, même pour une résidence secondaire. Ces situations visent à ne pas pénaliser des personnes contraintes de ne plus occuper leur logement principal. C’est une gestion au cas par cas qui demande une démarche active de la part du contribuable.
Étude de cas : l’exonération de la majoration pour les personnes hébergées en EHPAD
Prenons le cas de M. Dubois, 80 ans, qui a dû quitter sa maison, qui était sa résidence principale, pour intégrer un EHPAD. Sa maison est désormais considérée fiscalement comme une résidence secondaire. Toutefois, il en conserve la jouissance exclusive (elle n’est pas louée). Dans cette situation, M. Dubois peut demander une exonération de la majoration de taxe d’habitation. De plus, s’il remplit les conditions de ressources, il peut même être totalement exonéré de la taxe d’habitation sur cet ancien logement, au même titre que s’il s’agissait encore de sa résidence principale. Cette mesure vise à ne pas doublement pénaliser les personnes âgées contraintes de rejoindre un établissement spécialisé.
En résumé, la taxe d’habitation est devenue un impôt ciblant spécifiquement la détention de patrimoine immobilier non utilisé comme résidence principale. Sa suppression pour la majorité des Français a eu pour effet de concentrer la charge et l’attention sur les propriétaires de résidences secondaires, qui doivent désormais naviguer dans un système fiscal plus complexe et potentiellement plus coûteux.
Questions fréquentes sur la fiscalité des résidences secondaires et logements vacants
La TLV et la THLV vont-elles disparaître ?
Oui, à terme. La loi de finances prévoit de remplacer progressivement la Taxe sur les Logements Vacants (TLV) et la Taxe d’Habitation sur les Logements Vacants (THLV) par une nouvelle et unique Taxe sur la Vacance des Locaux d’Habitation (TVLH), dans un but de simplification.
Où s’applique la THLV plutôt que la TLV aujourd’hui ?
La THLV peut être instaurée par les communes qui ne sont pas soumises à la TLV. En d’autres termes, elle s’applique en dehors des grandes zones urbaines considérées comme « tendues » au niveau national. Une commune ne peut pas cumuler les deux taxes.
À partir de quand un logement est-il imposable à la THLV ?
Un logement devient imposable à la THLV s’il est vacant depuis plus de deux années consécutives au 1er janvier de l’année d’imposition. La durée est donc plus longue que pour la TLV (un an).
Quel est l’objectif de ces taxes sur la vacance ?
Ces impôts s’inscrivent dans une politique coercitive de lutte contre l’inoccupation prolongée. L’objectif est d’inciter financièrement les propriétaires à remettre leurs biens sur le marché locatif pour répondre à la demande de logements.